National
Catherine Bédarida
Le Monde - 27 .06 .98

" Y'a-t-il une danse contemporaine en Afrique ? Les Européens peuvent ils, doivent ils l'aider à se développer ? A ces questions vieilles comme la décolonisation, le festival Montpellier - danse apporte cette semaine mieux qu'une réponse : un témoignage.(…). Interprètes depuis 1993 dans les créations de Mathilde Monnier, ils (salia Sanou et seydou Boro) ont en parallèle monté leur propre compagnie, salia nï seydou. Cinq hommes, trois danseurs et deux musiciens, incarnent ce passage de la vie à la mort, en vingt cinq minutes d'une chorégraphie éclatante. "

Marie Christine Vernay
Libération - 07 . 07 . 00

" Pour Montpellier danse , le Sud ne s'échoue pas sur les plages françaises. Il pousse jusqu'au continent africain, riche et ruiné par les conflits, bâillonné par les régimes militaires, la misère, le sida… Malgré ses contextes politiques et sociaux peu propices à l'émergence d'une danse contemporaine, des créateurs s'ingénient à trouver des solutions, pour que le désir de rompre le silence, d'affirmer les valeurs d'une Afrique d'aujourd'hui trouve sa place sur la scène internationale. (…). Inventif et méditatif. Plus subtil est le travail de Salia Sanou et de Seydou Boro.(…). Leur création pour Montpellier, Taagalà, le voyageur, révèle un travail inventif, point de rencontre entre tradition et contemporain. "

Télérama - 01 .11 . 00

" Les deux amis (salia et seydou) sont en passe de devenir une référence de la nouvelle démarche des artistes africains, aiguisant une écriture contemporaine tout en s'appuyant sur la tradition. (…) Pour leur troisième pièces, Taagalà, le voyageur, ils se sont coulés dans une danse peule du Sahel, très souple, dans des danses zouloues, énergiques et martelées. Epaulés par deux musiciens, quatre danseurs y décrivent le périple de l'homme sur terre, de la naissance à la mort : solos en rafale, unissons tendus comme des ressorts, l' "écriture est dense, vive, pas toujours à l'abri des influences européennes. Tâche ardue que d'échapper à la pression des modèles, quels qu'ils soient… Mais salia Sanou et Seydou Boro entendent bien tracer leur voie. "

Jennifer Dunning
New York Times - 02 . 01

" salia nï seydou, a modern dance company from Burkina faso, shared the bill with two American choreographers…Taagalà is a smooth blend of traditional African dance and the modern dance of France, America and Africa. Happily, Taagalà is not at all a hybrid. There are a few abrupt and mystifying shifts in atmosphere. .(…) There are glimpses of traditional African dance in Taagalà, for the most part to be seen in isolated passages in the kind of tilt of the body and grounded attack that often appear to be a starting point for companies in America that fuse traditional African and modern dance. Here in Taagalà, a more modern attack and anomie yield to and incorporate strains of African dance so that tradition becomes the equivalent of a persisting but distant melody. "

The New York Times (February, 2001)

"Piercing Dadaist Anomie With the Call of Tradition: Taagalà is a smooth blend of traditional African dance and the modern dance of France, America and Africa. . . . One of the great pleasures of the dancing was the men's long fluent torsos. The dancers and the musicians are irresistible. "

Régional
Gérard Mayen
Midi Libre - 29.06.2000

" Sur le plateau, deux sculptures (l'une en diptyque plus tard dissocié) de Goudou Bambara : formes humaines tirées jusqu'au bord de l'abstraction symboliste. Les danseurs se posent à un angle du fond de scène, ceints de sarouals rustiques, coiffés de chèches. Commence une lente traversée en diagonale au ras du sol, contrariée de brefs retours, mi-assis, mi-couchés, avançant de dos vers le public. (..) C'est dès le début qu'ils ont placé le tableau emblématique de leur nouvelle création, Taagalà, le voyageur. Evocateurs des doutes du voyage intérieur, comme des nomadismes immémoriaux, ce tableau montre d'emblée que tous les voyages ne sont pas entrepris d'un cœur léger ; quand encore on ne se met pas en mouvement que parce qu'on y a été contraint et forcé. (…) Des projections assises sur le dos, des chutes de tête sur le sol en avant, des butées tête contre tête, des labours de la musculature du dos, des vibrations au sol, sont pleins d'une âpre inventivité. Le voyage est composé au rythme cassé de tableaux morcelés, prenant le temps que le discours du corps s'établisse (…). Taagalà, le voyageur est animé d'une pensée dansante contemporaine ; du tourment qu'inspire un univers de migrations, de globalisation et d'errance des corps. "